Dans sa rétrospective hebdomadaire du 7 juillet 2026, le NCSC, le centre national suisse pour la cybersécurité, consacre son propos à un moment que l’on associe rarement à la sécurité informatique : les vacances. C’est pourtant une période à risque pour une entreprise. Un dirigeant a beau verrouiller son réseau au bureau, une partie de ses données part en voyage dès qu’un collaborateur emporte son téléphone professionnel. Voici les menaces que le NCSC met en avant, et ce qu’une PME peut en retenir.
De faux sites de réservation, très bien référencés
Le premier risque relevé par le NCSC concerne les plateformes de réservation frauduleuses. Des escrocs créent des pages qui imitent des sites légitimes d’hôtels ou de billetterie. Le détail qui piège : ils utilisent parfois des annonces payantes pour placer leur site au-dessus des résultats de recherche authentiques. Le voyageur pressé clique sur le premier lien, qui n’est pas le bon.
Le NCSC signale aussi des messages de suivi trompeurs, par exemple des demandes de confirmation de paiement reçues par WhatsApp. Comme ils reprennent une référence de réservation réelle, ils paraissent crédibles. Pour un collaborateur qui organise un déplacement professionnel dans la précipitation, la confusion est facile. Le réflexe recommandé est simple : vérifier soigneusement l’adresse du site, ne réserver que sur des sites et applications officiels, et en cas de demande de paiement inattendue, contacter le prestataire directement via ses coordonnées officielles.
Le smartphone, une cible facile loin du bureau
Le deuxième point insiste sur la perte ou le vol du téléphone. L’appareil est petit, donc plus facile à dérober qu’un ordinateur, et il concentre pourtant des données sensibles : messagerie, accès bancaires, documents de voyage, et souvent des accès professionnels. Les conséquences d’une perte, souligne le NCSC, peuvent être sérieuses.
Sur sa page dédiée à la protection des appareils, le NCSC rappelle les mesures qui limitent les dégâts. Le chiffrement, activé automatiquement sur de nombreux appareils dès qu’ils sont protégés par un code PIN, une empreinte ou la reconnaissance faciale, empêche un tiers d’accéder aux données confidentielles en cas de vol. Verrouiller l’écran dès qu’on n’utilise pas l’appareil, ne jamais le laisser sans surveillance et sauvegarder régulièrement ses données complètent cette protection de base.
Le wifi public : pratique, mais exposé
Le wifi gratuit des hôtels et des aéroports fait partie du confort du voyage. Le NCSC en rappelle les risques : faux points d’accès créés par un attaquant, et attaques de l’intermédiaire, où quelqu’un s’intercale entre l’appareil et le réseau pour observer les échanges. Une connexion chiffrée offre une protection de base, mais elle ne suffit pas toujours.
Le message pratique tient en une phrase : prendre au sérieux tout avertissement de certificat qui s’affiche sur un réseau public. Ce bandeau que l’on ferme d’ordinaire sans lire peut être le seul signe qu’une connexion n’est pas ce qu’elle prétend être. Ces précautions rejoignent celles que nous détaillons dans notre guide sur le télétravail et les appareils mobiles.
Fausses autorisations de voyage et faux péages
Le NCSC pointe enfin les sites frauduleux d’autorisation de voyage, comme les faux ESTA ou ETA, qui exploitent des démarches administratives souvent complexes pour soutirer des données personnelles et de l’argent. Le même schéma vaut pour certaines vignettes ou certains péages en ligne. La règle est constante : n’utiliser que les sites officiels des autorités concernées, et se méfier d’un intermédiaire qui apparaît en tête des résultats de recherche.
Ce qu’une PME peut mettre en place avant l’été
Ces conseils, pensés pour des particuliers, se transposent aisément à une entreprise. Avant la saison des départs, une PME peut rappeler quelques règles à ses équipes : n’installer que des applications issues des magasins officiels, maintenir le système d’exploitation à jour, activer le verrouillage automatique de l’écran, et conserver hors ligne les numéros d’urgence utiles, dont ceux de l’entreprise. Il est utile aussi de préciser à qui signaler immédiatement la perte d’un appareil, afin de couper les accès sans attendre le retour de congé. Ces mesures relèvent des mêmes réflexes que la vigilance face au phishing, qui ne prend pas de vacances.
En conclusion
La période estivale ne crée pas de menaces radicalement nouvelles, mais elle déplace le terrain : hors du bureau, sur des réseaux inconnus, dans la précipitation d’un déplacement. Une note de rappel à vos collaborateurs avant les vacances coûte peu et évite bien des ennuis. Reste à savoir quels appareils de votre entreprise partent réellement en voyage, quelles données ils transportent et où se situent vos points faibles concrets. Répondre à ces questions, plutôt que d’appliquer une liste générique, suppose un regard adapté à votre organisation : c’est là qu’une analyse conçue pour votre PME prend le relais des bonnes pratiques.